Thé du Népal

Le thé du Népal reste l’une des origines les plus confidentielles du rayon. Cultivé sur les contreforts de l’Himalaya, entre 1 200 et 2 000 mètres, il pousse sur un terroir presque identique à celui de Darjeeling, à quelques dizaines de kilomètres de là, mais dans des jardins bien plus jeunes et bien plus petits.

Nous en proposons deux, l’un et l’autre certifiés bio et vendus en vrac : un thé noir Oolong Népal aux notes grillées, et un thé blanc Shangri-La, léger et floral. Deux pièces rares, achetées en feuille entière et pesées au moment de la commande.

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Le Népal, une terre de thé encore jeune

Le théier est arrivé au Népal vers 1863, offert par l’empereur de Chine au premier ministre de l’époque. Les premiers plants ont été mis en terre dans la région d’Ilam, à l’extrême est, contre la frontière indienne. Pendant plus d’un siècle, la production est restée domestique et n’a presque rien exporté. Ce n’est qu’à partir des années 1990 que des jardins ont commencé à travailler pour l’exportation, avec des volumes minuscules à l’échelle mondiale : le pays produit environ vingt-cinq mille tonnes par an, contre plus d’un million pour la Chine.

Cette jeunesse explique beaucoup de choses. Faute d’usines de gros calibre héritées de la colonisation, les producteurs se sont tournés vers la feuille entière plutôt que vers le CTC, ce broyage industriel qui alimente les sachets de thé courants. Ils ont aussi adopté très tôt les cultures certifiées bio, plus faciles à mettre en place sur de petites parcelles jamais traitées intensivement. Une bonne partie de ce qui arrive en France est donc, de fait, certifiée.

Ilam, Jun Chiyabari : les vallées de l’Himalaya

La quasi-totalité de la production vient d’une poignée de districts de l’est du pays. La vallée d’Ilam en est le cœur historique : altitude élevée, brouillards du matin, forte amplitude entre le jour et la nuit, un climat propice à une pousse lente. Une feuille qui pousse lentement concentre davantage d’arômes, c’est la règle en montagne comme ailleurs. Les districts voisins de Dhankuta, Panchthar et Terhathum complètent la carte, avec le même climat de moyenne montagne et les mêmes brumes d’après-midi.

C’est à Dhankuta que se trouve le jardin le plus connu, Jun Chiyabari, fondé à la fin des années 1990 par deux frères partis se former à Taïwan et au Japon. Ce jardin a largement fait la réputation internationale de l’origine, en travaillant des lots en très petites quantités, souvent roulés à la main, et en assumant des styles empruntés à plusieurs traditions : noir de type indien, blanc à la chinoise, semi-oxydé à la taïwanaise. Les caractéristiques géographiques et climatiques de la vallée permettent en effet à peu près tout, ce qui est rare.

Nos deux thés du Népal

Thé noir Oolong Népal bio

Un semi-oxydé, à mi-chemin entre le vert et le noir, ce que la tradition chinoise appelle thé bleu. La feuille est tordue puis légèrement torréfiée, ce qui donne des notes grillées et toastées franches, et une liqueur ambrée, corsée sans être astringente. C’est le plus accessible des deux, à 19,90 euros les cent grammes, et sans doute le meilleur point d’entrée sur l’origine. Une infusion d’une minute trente dans une eau à 85 ou 95 degrés suffit, et il supporte très bien deux ou trois passages successifs. Ceux qui aiment ce registre grillé retrouveront des profils voisins chez nos thés de Taïwan, patrie de l’oolong.

Thé blanc Shangri-La bio

À l’autre bout du spectre, un cru nature léger et fleuri, avec des notes florales et fruitées douces et un fond légèrement agrumé. Le thé blanc ne subit ni chauffe ni oxydation dirigée : les bourgeons et les premières feuilles sont simplement flétris puis séchés, ce qui laisse toute la place au terroir. À 29 euros les cent grammes, il se situe sur le segment des thés d’exception, ce qui reste cohérent pour une récolte de printemps triée à la main. Eau à 70 ou 80 degrés, une infusion de cinq minutes, sans précipitation. Notre rayon thés blancs nature en propose d’autres, chinois pour la plupart.

Bon à savoir : la tentation est de doser ces deux crus comme un noir d’Assam. C’est l’erreur classique. Ces feuilles entières, peu denses, occupent beaucoup de volume pour peu de poids. Deux grammes suffisent pour vingt centilitres, soit une cuillère à soupe bombée sur un blanc à gros bourgeons. Au-delà, la tasse se ferme et les notes florales disparaissent.

Conseils de la Compagnie Anglaise des Thés

Népal et Darjeeling : un terroir similaire, deux réputations

La frontière avec le Bengale-Occidental est une ligne administrative, pas une ligne géologique. Les jardins d’Ilam et ceux de la région de Darjeeling partagent la même altitude, le même sol, le même régime de mousson, souvent les mêmes cultivars issus du théier chinois. À l’aveugle, un noir de printemps venu d’Ilam et un premier flush indien se ressemblent beaucoup : même liqueur claire, même vivacité, mêmes notes de fruits compotés et de fleur blanche.

Ce qui les sépare tient au nom. Darjeeling est une appellation protégée, adossée à deux siècles de commerce britannique et à des prix qui suivent. L’origine himalayenne voisine vend le même profil sans l’étiquette, donc moins cher, ce qui en fait l’une des meilleures affaires du marché pour qui cherche ce style. La comparaison mérite d’être faite directement : notre rayon thés de Darjeeling et l’ensemble de nos thés d’Inde permettent de mettre les deux côte à côte.

Récolte de printemps, récolte d’automne

Comme en Himalaya indien, l’année se découpe en saisons de cueillette bien marquées. La récolte de printemps, de mars à mai, donne les lots les plus recherchés : la plante sort de l’hiver, les premières pousses sont concentrées, la liqueur est claire, vive, très florale. C’est de cette période que viennent la plupart des crus d’exception du pays.

La récolte d’été, pendant la mousson, produit des tasses plus corsées et plus sombres, souvent destinées aux mélanges. Vient enfin l’automne, entre octobre et novembre, avec des thés plus ronds, plus cuivrés, aux notes de fruits compotés et d’épices douces. Ces lots d’automne tiennent mieux au lait que ceux du début de saison, plus délicats. Sur des volumes aussi faibles, la récolte change d’une année sur l’autre, et un jardin donné ne produit pas toujours le même thé deux saisons de suite.

Préparer un thé de l’Himalaya

Trois règles suffisent. L’eau d’abord : faiblement minéralisée, et jamais bouillante sur le blanc. Le temps d’infusion ensuite : une minute trente sur le semi-oxydé, cinq minutes sur le blanc, ce qui peut paraître long mais reste nécessaire pour extraire quoi que ce soit d’un bourgeon entier. La quantité enfin : deux grammes pour vingt centilitres, pas davantage.

Ces feuilles entières demandent de la place. Une théière à large filtre, ou un simple filtre à mailles fines posé dans la tasse, donne un bien meilleur résultat qu’une boule à thé serrée, où la feuille reste comprimée et ne livre que ses tanins. Sur ces deux références en particulier, le second passage est souvent le plus intéressant : la feuille tordue de l’Oolong met une première infusion à s’ouvrir complètement, et ce n’est qu’ensuite qu’elle libère tous ses arômes.

Conditionnement, conservation et prix

Les deux thés sont vendus au poids, avec un prix affiché pour cent grammes qui ne varie pas selon le format commandé. La livraison se fait en un seul sachet quelle que soit la quantité, sauf demande contraire précisée dans le champ commentaire du panier. Ce conditionnement en sachet kraft refermable convient pour quelques semaines ; au-delà, mieux vaut transvaser dans une boîte hermétique et opaque.

Un blanc et un semi-oxydé se conservent plutôt bien, deux ans environ dans de bonnes conditions, à l’abri de la lumière, de la chaleur, de l’humidité et des odeurs voisines. Le réfrigérateur reste à éviter : la condensation abîme davantage la feuille que la température ambiante. Nos clients nous accordent 4,9 sur 5 sur plus de 4 800 avis, en boutique comme en ligne, et la livraison est offerte dès 44,90 euros d’achat en France métropolitaine.

Sur une origine aussi peu distribuée, la disponibilité dépend directement des lots achetés dans l’année. Nous préférons proposer deux références suivies plutôt qu’un catalogue large que nous ne pourrions pas tenir. Les autres provenances sont regroupées dans notre rayon thés noirs nature et dans l’ensemble de nos thés classés par origine.

Sélection et conseils proposés par la Compagnie Anglaise des Thés, maison fondée en 1823 place Vendôme à Paris, fournisseur breveté de la cour de Napoléon III, aujourd’hui installée à Bayonne. Nos thés du Népal sont achetés en feuille entière auprès de jardins certifiés, conservés à l’abri de la lumière et pesés au moment de la commande.

Questions fréquentes sur le thé du Népal

Quelle différence avec un Darjeeling ?

Très peu de choses dans la tasse, beaucoup dans le prix. Les jardins se font face de part et d’autre de la frontière, sur un terroir similaire, avec les mêmes cultivars et le même climat. Darjeeling bénéficie d’une appellation protégée et d’une notoriété ancienne ; son voisin vend un profil comparable sans cette rente de nom.

Le thé du Népal est-il toujours bio ?

Non, mais une grande partie de la production exportée l’est. Les jardins sont récents et de petite taille, souvent installés sur des parcelles jamais traitées intensivement, ce qui rend la certification plus simple à obtenir qu’ailleurs. Nos deux références sont certifiées agriculture biologique.

Lequel choisir pour commencer ?

L’Oolong. Il est plus tolérant à la préparation, plus abordable, et son registre grillé plaît largement. Le Shangri-La demande une eau tiède, une infusion longue et une certaine attention : c’est un thé de dégustation, pas un thé du matin.

Ces thés existent-ils en sachets individuels ?

Non, uniquement en vrac. Sur des feuilles entières de cette taille, le sachet n’a pas de sens : la feuille tordue de l’un et les bourgeons de l’autre n’auraient pas la place de se déployer, et il faudrait les briser pour les y faire entrer.

Quel est le prix d’un thé du Népal ?

Comptez 19,90 euros les cent grammes pour l’Oolong et 29 euros pour le Shangri-La. Rapporté au volume préparé, à deux grammes, cela représente quarante à soixante centimes, second passage non compté. C’est le tarif des thés d’exception, pour des récoltes très faibles.

Ce pays produit-il aussi du thé vert ?

Oui, en petites quantités, ainsi que des semi-oxydés et des noirs de style chinois. Les jardins de la vallée d’Ilam expérimentent beaucoup, précisément parce qu’aucune tradition ancienne ne les enferme dans un seul style. Ces lots restent difficiles à trouver hors du pays.

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